Né le 8 août 1922 à Vidauban, Justin Plancha s’engage à seulement dix-neuf ans dans la Marine nationale, pour une durée de cinq ans. Après sa formation au 5ᵉ dépôt des équipages de la flotte de Toulon comme son père, il embarque comme mécanicien sur le contre-torpilleur Gerfaut.
Le 27 novembre 1942, alors que la flotte française se saborde à Toulon pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi, il assiste, impuissant et bouleversé, à la destruction de son bâtiment et de toute une partie de notre Marine.
Peu après, renvoyé dans ses foyers, il refuse de partir pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne.
Fidèle à son sens du devoir et de la liberté, il rejoint alors la clandestinité dans le Var, parmi les « Insoumis ».
Mais dénoncé, il est arrêté par la Gestapo le 8 juin 1943 au Luc. Déporté dans un camp de prisonniers près de Wiesbaden, il parvient à s’évader le 15 décembre 1943 en simulant une maladie à l’infirmerie. Il sera blessé par balle lors de sa fuite par les gardiens du camp.
Épuisé mais déterminé, il rejoint la France et intègre le maquis Colbert. Toujours animé par l’amour de la Patrie, il tente de rejoindre les Forces Françaises Libres en passant par Gibraltar, mais est arrêté en Espagne.
Une fois encore, il parvient à s’échapper et retourne combattre en France, au sein des Forces Françaises de l’Intérieur, jusqu’à la Libération.
À l’issue de la guerre, son engagement exemplaire lui vaut d’être réintégré dans la Marine nationale.
Il embarque sur le torpilleur Hova, participe au convoyage des troupes françaises d’Afrique du Nord et prend part aux derniers combats sur l’Atlantique, notamment au large de Belle-Île et de l’île d’Oléron. Promu quartier-maître, il embarque ensuite sur le Triomphant, direction l’Extrême-Orient, pour la campagne d’Indochine.
C’est là que, lors de la bataille navale de Haïphong le 6 mars 1946 et de la prise de Nha-Trang, il se distingue une fois encore par son courage et son sang-froid.
Cité par son commandant, il obtient l’honneur exceptionnel de porter à titre personnel la fourragère de la Croix de guerre, distinction rarissime qui témoigne de son héroïsme.
De retour en France, démobilisé en 1946, il choisit à nouveau le service de la Nation en s’engageant dans la Gendarmerie mobile en 1948, il servira dans la 9éme Légion de La Garde Républicaine. Là encore, il poursuit une carrière exemplaire, fidèle à ses valeurs : discipline, droiture, et dévouement à la France.
Il décèdera le 16 mai 2004 à Roquebrune sur Argens.
Monsieur Justin Plancha était titulaire de nombreuses distinctions :
Ces décorations, si nombreuses soient-elles, ne disent pourtant pas tout.
Elles ne racontent pas tout sur l’histoire de l’homme qu’il fut : droit, humble, discret, fidèle à ses frères d’armes et à ses valeurs.
Elles n’évoquent pas non plus la douleur, la peur, la solitude, que connaît tout soldat confronté à la guerre. Mais elles témoignent, à jamais, d’une vie mise au service de la France.
Aujourd’hui, la mémoire de Monsieur Justin Plancha ne s’effacera pas, car les traces laissées par un homme d’honneur demeurent dans la mémoire des siens, et dans celle de la Nation reconnaissante.